Wow, merci à tous…

21/04/2017

M. Guy Parent

Félicitation pour vos ventes atteintes de votre livre intitulé : Marie, celle par qui Dieu naît. Jusqu’à maintenant soit : 5756 exemplaires, en version imprimée et 8212 exemplaires, en version électronique. Votre livre a atteint la mention Best-Seller de la vente au Québec.

Encore une fois BRAVO de toute l’équipe de Promoteurs associés.

André et Claude Lavigne

Commentaire :

Je suis en train de lire votre livre avec intérêt et plaisir. Vos travaux synthétisent les écrits du Maître avec l’apport de votre propre expérience ce qui est très intéressant. En un mot merci pour cette recherche que vous mettez à la disposition du plus grand nombre.

Marcel Matte

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Marie mère de Dieu

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« [108] Regarder qu’au même instant que Marie consentit à être mère de Dieu, il se fit plusieurs prodiges. Le Saint-Esprit forma du plus pur-sang du coeur-de-Marie un petit corps ; Il l’organisa parfaitement ; Dieu créa l’âme la plus parfaite qu’il eût jamais créée. »[1]

À notre époque, où les préoccupations communautaires ont pris une grande ampleur, on aime à préciser ce côté de Marie. Il n’y a pas en effet de terrain dogmatique où l’on perçoit davantage l’action de tout le peuple chrétien sur le progrès de la doctrine. La vérité de l’Immaculée Conception avait été longtemps portée par la foi et la dévotion des fidèles, en dépit de l’opposition des théologiens lors de la proclamation de l’Assomption.

Plus visiblement qu’en d’autres domaines, la communauté ecclésiale tout entière contribue à la mise en lumière des grandeurs de Marie. Ainsi, la distribution des grâces : d’avocate, médiatrice, Co-Rédemptrice, n’a fait l’objet d’aucune définition dogmatique. Pourtant cela est une vérité profondément vécue dans la dévotion des fidèles.

Avant de s’exprimer dans les documents du magistère, les privilèges de Marie s’inscrivent, pour ainsi dire, dans le coeur de l’Église. Par leur attitude, les protestants fournissent une démonstration de cette solidarité étroite qui unit Marie et l’Église. En comparant l’extension actuelle de la doctrine chez les catholiques avec les indications de l’Écriture concernant Marie, ils croient la tâche facile de montrer l’illégitimité d’une telle extension.

Le reproche n’a pas manqué d’être formulé à propos de la définition de l’Assomption, vérité sur laquelle ni les livres saints ni la tradition des premiers siècles ne contiennent d’affirmation explicite. Le même reproche est souvent adressé plus à l’ensemble de la dévotion mariale dans le catholicisme, vu que cette dévotion s’est accrue depuis l’origine et dépasse très largement le niveau qu’elle pouvait atteindre chez les premiers disciples.

Ainsi, Marie est dans l’Eucharistie, type invoqué par le Christ lui-même, parce qu’étant « le pain descendu du ciel » elle représente exactement ce qu’est la réalité spirituelle du pain eucharistique, pain d’origine céleste.

Or, c’est bien en ce sens que les Pères découvrent en Marie le type de l’Église. Marie est l’image de la réalité de l’Église, elle représente cette réalité d’une manière sensible, visible. La maternité virginale de Marie, inscrite dans la chair et néanmoins opérée par le Saint-Esprit. C’est notamment ce que veut dire Saint Augustin lorsqu’il écrit : « II fallait que notre chef naquît, selon la chair, d’une vierge, pour accomplir ce miracle insigne par lequel il devait signifier que ses membres naîtraient, selon l’Esprit, d’une vierge, l’Église. »[2]  Il importe de noter la valeur de ce signe. Dans le cas d’une communauté, la maternité virginale ne peut avoir qu’une signification dans une véritable mesure symbolique. Mais, cette signification prend une consistance plus ferme, plus prodigieuse, si elle a pu d’abord s’incarner dans une réalité visible. Par sa maternité virginale, Marie ne nous met pas seulement sous les yeux le Sauveur qu’elle donne à l’humanité, mais la nouvelle naissance des croyants, « la nouvelle vie » tant annoncée qui surgit d’elle.

Lorsqu’à Bethléem elle met au monde son fils Jésus, fils qu’elle a reçu virginalement de Dieu, elle annonce l’enfantement spirituel. Elle nous présente une réalisation concrète, inscrite dans sa chair humaine, d’une maternité qui transmet, en toute pureté et sainteté, la vie divine qu’elle a accueillie. C’est dans le visage de la Vierge que nous voyons se dessiner le visage de l’humanité. Marie se rapproche des écrits de l’Ancien Testament. Mais elle s’en distingue profondément, car les figures de l’Ancien Testament n’étaient que l’ombre des réalités à venir.

Marie n’est pas simplement l’ombre d’une réalité future : elle est une réalité présente, qui possède en elle-même une valeur définitive. Alors, elle n’est rien de moins que la réalité de l’Eucharistie, Pierre-Julien Eymard dit : « L’Incarnation du Verbe dans le sein de Marie nous annonce l’Eucharistie. »[3], et n’avait pas de consistance religieuse et de valeur que celles qu’elle empruntait d’avance au corps eucharistique du Sauveur. Marie réalise vraiment en soi le mystère de la maternité virginale qui se déploiera ensuite dans l’Église.

Elle réalise même ce mystère d’une manière qui, sous certains aspects, est supérieure à sa réalisation dans l’Église. Marie est le modèle, dans sa première éclosion, mais aussi dans sa splendeur ultime et insurpassable. L’immense supériorité de la maternité de Marie réside dans le fait que c’est une maternité à l’égard du Christ lui-même. Marie est mère du chef, de Jésus Christ, Tête du Corps mystique, tandis que l’Église est la mère de ses membres.

La grâce accueillie par le croyant comporte donc une sorte de privilège de maternité divine, n’ayant toutefois qu’une extension partielle. Dans cette perspective. Marie n’a pas reçu une autre grâce que celle de l’Église, mais par privilège elle est la seule à avoir reçu cette grâce dans sa valeur universelle, tandis que les autres personnes ne la reçoivent qu’en partie. Mais n’est-ce pas aller trop loin dans l’assimilation de la maternité de l’Église à celle de Marie ? N’est-il pas excessif de regarder la grâce habituelle du chrétien comme incluant une maternité divine ? Quel est d’ailleurs le chrétien qui prendrait, vis-à-vis du Sauveur, l’attitude d’une mère ? Le bon goût à lui seul interdirait ici de franchir la marge qui existe entre l’emploi occasionnel d’une image, et son utilisation à titre de principe fondamental de la théologie.

Le privilège de la maternité divine n’est pas un privilège de toute l’Église ; il est le privilège exceptionnel de Marie, et c’est à elle exclusivement que s’applique le vocable de Théotokos (la mère de Dieu)[4]. Le privilège de Marie surpasse incomparablement, radicalement, la condition habituelle du fidèle. Cette transcendance de la maternité divine montre que l’on ne pourrait pas s’efforcer de comprendre le mystère de Marie en partant simplement du mystère de l’Église.

Par contre, sur le plan de la maternité, ce qui se trouve dans le même ordre, c’est la maternité spirituelle de Marie vis-à-vis les chrétiens. En ce domaine, la comparaison pourra se faire avec plus de fruits. La maternité de Marie a l’avantage d’être celle d’une personne physique, individuelle, avec qui peuvent s’établir des relations personnelles de mère à enfant. Elle exercera par là un attrait, une séduction que la maternité, plus abstraite, d’une société ne peut susciter au même degré.

Mais pour sa part, le rôle maternel de l’Église possède une ampleur qui déborde celle de la maternité de Marie, car il met en jeu la capacité de conférer la grâce par l’économie sacramentelle ; à la différence de l’Église. Marie ne détient pas de pouvoir de confection ni d’administration des sacrements, comme elle ne dispose pas non plus de pouvoir dans la ligne du gouvernement hiérarchique. C’est donc relativement aux chrétiens que l’on peut établir un parallèle de même niveau entre la maternité de Marie et celle de l’Église.

Relativement au Christ, la position de Marie offre de si profondes divergences avec celle de l’Église que la maternité de toutes deux ne peut former qu’un parallèle beaucoup plus réservé et beaucoup plus délicat à préciser.

 

[1] 11 Grignon de Montfort, Saint Louis-Marie, Oeuvres complètes, Aux éditions du Seuil, 27, rue Jacob, Paris VI. 1966, p. 152.

[2] De sancta virgimtate, 6, P.L, 40, p. 399

[3]Eymard Pierre-Julien, LA DIVINE EUCHARISTIE, Desclée, De

Brouwer et Cie, Bruges, treizième édition, 1913, p. 79

[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9otokos

Toujours Vierge et pourtant mère

L’évangile de Luc raconte que Marie qui était vierge, fiancée à un homme, reçut la visite d’un ange annonçant la venue d’un enfant par ses paroles : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. » (LC 1,35) Choisie par Dieu pour être la mère de son Fils, Marie est donc devenue mère d’un enfant sans avoir eu de relation sexuelle avec son fiancé. Elle est restée vierge et pourtant a enfanté.

Cette virginité, souvent contestée, n’est pas un mépris de la sexualité. Elle signifie que Jésus est bien d’origine divine : « La condition de l’Incarnation a été la virginité de Marie. Dieu ne voulait qu’une mère vierge, et il attendit quatre mille ans que ce pur tabernacle lui fût préparé. »[1] La virginité de Marie est un mystère qui s’approfondit par la prière : « Plus tard, je te ferai contempler en esprit les abîmes de la virginité en Marie. »[2] Il a fallu à cette jeune fille du courage, une foi et une totale disponibilité à l’oeuvre de Dieu, pour devenir mère. En cela, Marie est un modèle pour nous et pour tout le peuple.

Mère de Jésus, donc mère de Dieu

En 431 lors du concile d’Éphèse, l’Église a affirmé pour la première fois que Marie est également mère de Dieu puisque Jésus est le Fils de Dieu et Dieu lui-même.[3] Cette expression, mère de Dieu, ne dit pas que c’est Marie qui a donné à Jésus sa divinité. Mais elle dit que Marie a enfanté celui qui vient de Dieu. C’est en saisissant peu à peu qui était Jésus que les chrétiens ont formulé ce qu’ils comprenaient aussi de Marie. Et ce qu’ils assimilaient les remplissait de vénération. Très rapidement, les chrétiens ont médité sur la vie de Marie en s’interrogeant sur cette question : comment une femme, marquée comme tout être humain par le péché, le combat intérieur, les faiblesses, les manquements, pouvait-elle concevoir et mettre au monde un enfant comme Jésus, porteur de la réalité divine ?

Pour répondre à cette question, les paroles de l’ange à l’Annonciation donnent quelques éléments de réponse : « Réjouis-toi, comblée de grâce » (LC 1, 28). De cette grâce dont elle est comblée, l’Église catholique a compris, au fil des siècles, que Marie avait été conçue par ses parents en étant préservée du péché des hommes : elle est pleine de grâce. C’est ce qu’on appelle l’Immaculée Conception. « Dès qu’elle fût créée, elle fut unie au corps qui l’attendait. Ce fut l’Immaculée Conception. »[4]

Ce dogme a été défini le 8 décembre 1854 par le pape Pie IX. Que Marie ait été préservée du péché ne veut pas dire qu’elle est loin de nous : elle reste une créature de Dieu, elle reste du côté des hommes, elle est avec nous. Mais elle nous indique qu’à sa suite, nous sommes appelés à la sainteté.

 

[1] Eymard Pierre-Julien, LA DIVINE EUCHARISTIE, Desclée, De Brouwer et Cie, Bruges, treizième édition, 1913, p. 81

[2] Valtorta Maria, L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, traduit de l’italien par Félix Sauvage, Volume 1 La PREPARATION, Centro Editoriale Valtoriano srl. Italy, 2015. P. 28

[3] http://www.vatican.va/archive/FRA0013/_P1G.HTM

[4] D’Agréda vénérable Marie de Jésus, Vie divine de la très sainte vierge Marie, Éditions Saint-Michel, 53150 Saint- Céneré, France. P. 32 Marie, Éditions Saint-Michel, 53150 Saint- Céneré, France. P. 32

 

Que dit la Bible au sujet de la Vierge Marie ?

 

Marie la mère de Jésus était une femme décrite par, Dieu comme ayant reçu une faveur immense. L’expression « faveur immense » est tirée d’un seul mot grec signifiant essentiellement « beaucoup de grâce. » Marie a reçu la grâce de Dieu. Marie avait besoin de la grâce de Dieu, tout comme vous et moi. Marie elle-même a compris ce fait. Marie reconnaissait qu’elle avait besoin d’être sauvée, qu’elle avait besoin de Dieu comme son Sauveur. La Bible ne dit jamais que Marie était autre qu’une femme ordinaire que Dieu a choisi d’utiliser de manière extraordinaire.

En même temps, Marie était également un être humain pécheur comme toute autre personne, qui avait besoin de Jésus-Christ comme son Sauveur, tout comme n’importe qui. Il n’y a aucune raison biblique qui puisse nous amener à croire que la naissance de Marie n’était pas une naissance humaine normale. Marie était vierge lorsqu’elle a donné naissance à Jésus, mais l’idée de la virginité perpétuelle de Marie n’est pas biblique. Une fois, alors que Jésus parlait, une femme s’est écriée dans la foule, « Heureux le sein qui t’a porté ! Heureuses les mamelles qui t’ont allaité ! » (LC 11, 27) Il n’y avait pas meilleure occasion pour Jésus de déclarer que Marie était vraiment digne de louanges et de vénération.

Quelle a été la réponse de Jésus ? « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent » (LC 11,28). Pour Jésus, l’obéissance à la parole de Dieu était PLUS IMPORTANTE que le fait d’être la femme qui l’a enfantée. Les Écritures ne mentionnent nulle part que Jésus, ou quelqu’un d’autre, adressant la louange, célébrant la gloire ou vouant une adoration à Marie. Elle n’était pas fondée sur une gloire quelconque inhérente à Marie.

Marie était là au pied de la croix à la mort de Jésus. Marie était avec les apôtres le jour de la Pentecôte. Mais Marie n’a plus jamais été mentionnée après le chapitre 1 du livre des Actes. Il n’apparaît nulle part que les apôtres aient confié un rôle prédominant à Marie. La mort de Marie ne figure pas dans la Bible. Il n’y a aucune trace de l’ascension de Marie ou d’un quelconque rôle exalté dans le Ciel. Marie doit être respectée, en tant que mère terrestre de Jésus, elle est digne de notre vénération. La Bible ne dit nulle part que Marie peut entendre nos prières, ou qu’elle peut servir de médiatrice entre Dieu et nous.

Si elle se voyait adorée, Marie dirait la même chose que les anges : adore Dieu ! Marie nous donne elle-même l’exemple en vouant son adoration et en adressant sa louange à Dieu seul, « Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur, parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse, parce que le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Son nom est saint » (LC 1, 46-49).

Marie tient une place prioritaire dans l’Église. Comment ne pas comprendre l’attachement filial de millions de croyants à une figure féminine, perçue comme plus proche, plus douce et consolatrice que celle d’un Dieu, fut-il tendre et attentionné ? Marie est celle qui protège, qui nous guide, apaise, etc. Au cours des siècles, l’Église catholique s’est interrogée sur la place que devait occuper la mère de Jésus dans la vie des croyants. S’appuyant sur les textes des évangiles et la prière des fidèles, elle a donné à Marie un statut et un rôle qui ont pu varier, mais qu’il ne faut ni négliger ni minimiser ! Marie est appelée mère de Dieu, mais elle n’est pas une déesse.

Elle était avant tout une femme qui, parce qu’elle a répondu la première à l’amour total de Dieu, nous guide à faire de même. Figure discrète et silencieuse de l’Évangile, arie est aussi celle qui conduit à Jésus, apprends à la prier, et à entrer peu à peu dans son intimité et à l’aimer.

Le devoir de vérité, Marie

 

Marie est la vérité qu’on n’a pas le droit de taire. Il existe cette vérité pour laquelle ce serait une faute que de se taire. Comment appelle-t-on la vertu qui consiste à dire la vérité quand on la connaît ? On l’appelle la vérité. L’homme de bonne foi dit ce qu’il pense être vrai (à tort ou à raison) et pense vrai ce qu’il dit. C’est l’homme de foi. Mettre sa foi en Marie.

Or, on oppose ordinairement la sincérité à l’hypocrisie et au mensonge, termes qui ont une connotation négative au plan moral. S’il est vrai que la philosophie est l’amour de la vérité, cette vertu semble être la vertu philosophique par excellence.

Dans bien des circonstances, nous reprochons aux hommes d’avoir dissimulé ce qu’ils savaient. Nous attendons de nos dirigeants qu’ils nous disent la vérité même, et surtout, si elle n’est pas « bonne à entendre. » Il nous semble ici que le proverbe ment: toute vérité est bonne à dire si notre vie ou l’exercice de notre citoyenneté sont en cause. Il y va de l’exercice de la démocratie.

Le devoir de vérité est absolu. Si, en ne disant pas la vérité, je ne commets, certes, aucune injustice, j’en commets néanmoins une envers la morale, c’est-à-dire envers l’humanité. C’est en effet la grandeur de l’homme que de pouvoir fonder une morale puisque celle-ci est l’œuvre de la raison, faculté qui nous distingue de l’animal.

Agir contre la morale c’est donc porter atteinte à l’humanité elle-même. Dès lors, il est faux de dire que la vérité nuirait aux hommes. C’est au contraire le mensonge (même par omission) qui nuit à l’humanité et donc à autrui. Même si se taire ne nuit pas à une personne en particulier, cela nuit à l’humanité tout entière. Il faut bien voir, en effet, qu’admettre même une seule infraction à la morale, c’est créer un précédent qui conduit à admettre toutes les infractions.

Vivre la fraternité humaine

Arrêtons de nous mentir, donnons la vraie place à Marie. Dire la vérité au nom de l’ignorance ?

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Le mensonge par omission est un mensonge. Spontanément, nous le condamnons. La réponse spontanée est donc négative.

Confronté à l’ignorance du monde face à des critiques, des tromperies, des secrets…, qui n’a pas hésité à révéler la vérité ? Le véritable ami est-il celui qui parle ou celui qui se tait? Il n’y a évidemment pas de règles. Mais décider de parler ou au contraire de se taire n’est jamais anodin. Prendre le temps de la réflexion est primordial.

Pourquoi parler ? Les cas sont multiples, mais la question reste toujours la même : ne serait-ce pas une preuve d’amour que d’avouer? Ce qui est sûr, c’est que décider de parler ou à l’inverse, de se taire n’est jamais anodin : la parole est une arme à double tranchant. Aussi, mieux vaut tourner sept fois sa langue dans sa bouche et s’interroger sur les raisons d’un tel choix.

Avant de parler, il faut se demander pourquoi s’exprimer et pourquoi se taire ? En somme, interroger ce besoin de parler : est-ce pour le bien de l’autre ? Quelle image de soi veut-on donner ?

Assurément, le non-dit crée un déséquilibre, il y a celui qui sait et celui qui ne sait pas. Celui qui sait est en position de domination, de supériorité. D’ailleurs, si le mensonge s’entretient autour de l’emprise du savoir, il devient pernicieux. Mais le mensonge a également un côté protecteur : on veut préserver l’autre d’une vérité, d’un événement, d’un secret qui pourrait le blesser. Parfois, il vaut peut-être mieux cacher la vérité.

Est-ce utile? Toute vérité n’est en effet pas bonne à dire. Même si aujourd’hui, la tendance est au parler-vrai, on ne compte plus les confessions, autobiographies, émissions de télé-réalité, ou discours de politiques prônant la transparence, le proverbe demeure toujours d’actualité. En amitié, c’est plus une question d’authenticité. C’est- à-dire: ne pas dire plusieurs choses fausse ce qui n’est pas toujours facile. Quand on révèle une vérité à l’autre, le lien d’amitié se trouve renforcé par la création d’une coalition contre une tierce personne. En révélant un cas d’in délité par exemple, l’on considère que la relation que l’on a avec son amie est plus vraie, plus investie que celle qu’elle entretient avec son conjoint.

Apprécier ce qui va être utile ou non à son ami. Mesurer l’intérêt. Lui raconter les railleries dont il a fait l’objet à la dernière soirée, les incartades de son conjoint ou le secret de famille dont il est tenu à l’écart.

Veut-il savoir? Révéler une vérité peut être vécue comme une violente intrusion, surtout si, en face, la per- sonne n’a pas envie de l’entendre. Mais survaloriser la vérité, c’est prendre le risque de provoquer de réels dégâts. S’interdire tout mensonge est incompatible avec une relation basée sur le respect de l’autre. Toute la vérité ne se dit jamais, ce n’est pas possible, et mentir c’est aussi dire quelque chose.

Se taire, c’est évidemment ne pas dire. Connaître la vérité, c’est savoir. Se taire quand on connaît la vérité constitue ce qu’on appelle en morale le mensonge par omission. Il s’agit donc de s’interroger sur un cas parti- culier de mensonge.

La question posée est celle du « droit » : c’est-à-dire de la légitimité. Est-il légitime de mentir par omission ? Est- ce moral, sinon toujours au moins parfois? La question est donc de savoir s’il y a vraiment un devoir de vérité (et en ce cas, il est sans exception, car tout devoir est absolu) ou si, au contraire, il est parfois moral de ne rien dire. La question est celle de la véracité. Faut-il toujours être sincère ou a-t-on parfois le droit de s’abstenir ? Quand ce droit existe-t-il ?

Toute une tradition fait de la vérité un devoir : le christianisme considère que tout mensonge, y compris celui par omission, est un péché. Quant au philosophe, n’est-il pas celui qui aime et se doit d’enseigner (donc de dire) la vérité? Pourtant, en même temps, il nous arrive d’affirmer que toute vérité n’est pas bonne à dire et il existe des circonstances où je sais pertinemment que dire la vérité nuira à autrui. Que faut-il alors en pense? Y a-t-il un devoir absolu de vérité ou est-il parfois moral de taire ce qu’on sait ?

L’enjeu de cette question est celui de nos devoirs envers autrui. S’il est vrai que la parole est un acte social, il est clair qu’il existe des circonstances où ne pas dire la vérité est une lâcheté. Mais faut-il en conclure que la véracité est un devoir c’est-à-dire un impératif universel ? Si l’on peut légitimer le mensonge par omission, alors en quelles circonstances et selon quels critères, est-ce possible ? Quelles en sont les conséquences sur la morale ?

À suivre…